Histoire de la ville de Troyes

Histoire de la ville de Troyes dans l’Aube. Source Wikipedia

Article détaillé : Chronologie de Troyes.

La ville de Troyes, capitale historique des comtes de Champagne, et forte d’un grand passé historique et d’un riche patrimoine architectural et urbain, a été désignée Ville d’art et d’histoire le . La convention a été signée en février 2010.

Antiquité : naissance de Troyes

Site gallo-romain de la Porte de Chaillouet.

Les premiers habitants ayant laissé des traces tangibles de leur présence sont les Tricasses, tribu de la Gaule lyonnaise mentionnée à partir du ier siècle av. J.-C. dans les écrits de géographes grecs, même si quelques mégalithes témoignent d’un peuplement plus ancien. La ville est mentionnée sous le nom de Augustobona notamment lors de la Guerre des Gaules à partir de l’année 58 av. J.-C., mais la dénomination dérivée du nom des Tricasses s’impose progressivement sous le Bas-Empire. Les Lingons, voisins de cette tribu, ont aussi habité dans la moitié sud-est de la ville. À l’époque de sa fondation, au cours du Haut Empire — fin du ier siècle av. J.-C. et début ier siècle apr. J.-C. — la cité, alors entourée de vastes étendues marécageuses sur ses franges méridionales et ses marges septentrionales, fait l’objet d’importantes opérations de drainage afin d’accueillir de nouvelles zones urbaines. À partir de la seconde moitié du ier siècle, le site d’Augustobona dispose de plusieurs infrastructures publiques à caractère édiliaires. Ces édifices, notamment un aqueduc et possiblement un complexe thermal, mais dont les prospections archéologiques n’ont permis de retrouver seulement quelques vestiges, alternent avec des aires d’habitation. À cet époque, l’ouvrage d’art hydraulique, par le biais d’une canalisation conçue au moyen de mœllons de petite taille, permet alors de distribuer en eau potable les différents lieux publics et privés de la cité champenoise. Au cours de cette période, l’ensemble urbain de la ville de Troyes, sous forme antique, recouvre dès lors une superficie d’environ 80 ha, espace compris entre la Porte de Chaillouet, au nord, et la Place du Professeur Langevin au sud ; ainsi qu’entre le Faubourg Saint-Jacques, à l’ouest, et la rue Jeanne d’Arc à l’Est. Postérieurement à ce développement urbain, au cours des années 120 apr. J.-C., l’empereur romain Hadrien séjourne dans la ville avec ses troupes. Au début de l’Antiquité tardive, vers 380 apr. J.-C., la ville troyenne, qui est à cette époque rebaptisée sous le nom de Civitas Tricassium, est alors enserrée par un vaste mur d’enceinte fortifié.

Gravure intitulée Les Huns à la bataille de Chalons, œuvre exécutée par Alphonse de Neuville (1836–1885) au cours du XIXe siècle.

Scène de la bataille des champs Catalauniques.

Attila, sur une plaquette d’argent du xvie siècle.

C’est à l’ouest de la ville, vers Méry-sur-Seine, ou, de manière plus probable, à Dierrey-Saint-Julien (au lieu-dit de Moirey) que se déroule en 451 la bataille des champs Catalauniques.

Le 20 juin, alors qu’Attila a été repoussé à Orléans par les Romains, saint Loup se rend à son camp et le supplie d’« épargner une ville sans défense, car elle n’avait ni murs ni soldats ». Attila lui aurait répondu : « Soit ! Mais tu viendras avec moi et tu verras le Rhin ; je te promets de te renvoyer alors ». Les Hunssont encore arrêtés dans les plaines voisines de Troyes, appelées Champs Catalauniques, par les Romains et par les Francs commandés par Mérovée ainsi que leurs alliés. Attila est défait. Le roi des Wisigoths, Théodoric, y est tué. La bataille de Mauriac, ou Campus Mauriacus, autre terme historique utilisé pour faire mention du conflit des champs Catalauniques, chasse définitivement les Huns de la Gaule.

Moyen Âge

Articles connexes : Siège de Troyes et Traité de Troyes.

De Clovis au comté de Troyes

En 484, Clovis s’empare de Troyes et de ses alentours qui seront appelés Champagne (campania) à cause des plaines crayeuses immenses. La Champagne est attribuée au royaume d’Austrasie, après le partage des possessions de Clovis en 511, sauf Troyes et sa région qui sont attribuées à Clodomir. Ce n’est qu’en 524, à la suite de la mort du roi d’Orléans qu’elle rejoint l’Austrasie jusqu’en 558, année où Clotaire Ier est proclamé roi des Francs. En 567, la cité de Troyes est placée dans le Royaume de Bourgogne. Entre 592 et 613, elle rejoint à nouveau l’Austrasie. À la mort de Clotaire II en 629, la ville dépend de nouveau de la Bourgogne.

La ville est contrôlée et pillée par les Sarrasins d’Espagne en 720. La Vita Sancti Fidoti, abbatis Trecensis, vie de Fidolin, captif libéré par Eventinus, un prêtre de Troyes, semble indiquer qu’à cette époque, on y pratique le commerce des esclaves.

En 820, Aleran devient le premier comte de Troyes à l’époque de l’empereur Louis le Pieux. Son règne prend fin avec sa mort survenue en 852. Le territoire de Troyes est également, vers 860, le prix d’une lutte entre l’évêque Ansegise et le comte Rodolphe de Ponthieu qui en sort vainqueur. Lors du premier Concile de Troyes en 878, Louis le Bègue reçoit la couronne impériale des mains du pape Jean VIII. Dans le même temps, Bernard de Gothie, en conflit avec Frotaire et en révolte contre le roi Louis le Bègue, est excommunié.

En 888, la ville souffrit des incursions normandes puis selon la Chronique de Réginon de Prüm, les Normands, en 889, s’emparent de la ville, la réduisent en cendres et pillent toute la contrée environnante. En réponse à ces incursions, au début des années 890 (en 891 ou 892), un nouveau mur fortifié, dont l’assise et le parement ont été en grande partie constitués grâce au remploi des structures l’enceinte gallo-romaine, est alors érigé et déployé autour de la ville. Ultérieurement, en 898, selon des écrits médiévistes, l’abbaye Saint-Loup et l’église Saint-Pierre auraient fait l’objet d’une destruction. Néanmoins, les prospections archéologiques effectuées au xixe siècle ne permettent pas une telle exactitude chronologique. Troyes appartient au duché de Bourgogne à partir de la fin du ixe siècle.

Rachi

Rachi.

Dans la première moitié du xe siècle, les Normands réitèrent plusieurs incursions, en 908 en 911 et en 925. Lors de cette troisième incursion, ces derniers sont éloignés par Ansegise, évêque de Troyes qui réunit aux comtes de Sens, Garnier et de Dijon, Manassès II et à l’évêque duc de Langres Gosselin II de Bassigny pour les repousser vers la région du Bassigny. La bataille contre le viking Ragenold de Nantes (Rögnvald), daté au , se déroule sur un site mentionné sous le toponyme de Calaus mons. Le lieu de cette confrontation militaire se révèle possiblement être localisé sur l’actuelle commune de Chaumont (Haute-Marne), entre Milly-la-Forêt et Barbizon ou plus probablement Chalaux, à proximité du cours d’eau éponyme, au sein du département de la Nièvre. Lors de cette confrontation, Garnier de Sens est tué ; Ansegise, quant à lui, se trouve blessé. Néanmoins, au cours de cette bataille, les troupes normandes ont été repoussées puis vaincues.

En 1040, Rabbi Salomon Ben Isaac, plus connu sous le nom de Rachi, naît à Troyes. Le rabbin et philosophe, grand commentateur de la Bible et du Talmud, crée une importante école de pensée juive dans la ville.

L’époque des comtes de Champagne

Institution de l’Ordre du Temple par Granet, Château de Versailles.

Au xiie siècle, le comté de Troyes fusionne avec celui de Meaux pour donner naissance au comté de Champagne. Hugues Ier de Champagneest le premier à être proclamé à ce titre vers l’an 1102. En 1129, le second concile de Troyes, qui a lieu sur le site de l’actuelle cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul, se déroule en la présence de nombreuses personnalités religieuses, de Hugues de Payns et du comte Thibaut IV de Blois. Ce concile entraînera la création d’une règle propre à l’ordre du Temple. En 1188, un grand incendie détruit une grande partie de la ville et ravage l’abbaye Notre-Dame-aux-Nonnains, la collégiale Saint-Étienne, le palais des comtes de Champagne et l’ancienne cathédrale de Troyes, partiellement ruinée. Cet incendie amène une reconstruction de ce dernier édifice en architecture gothique. Les premiers moulins à vents apparaissent au xiie siècle. Appartenant à l’origine aux comtes de Champagne, ils sont légués au chapitre de la cathédrale afin de subvenir aux besoins de la reconstruction de la cathédrale. Après le chapitre de la cathédrale, les autres congrégations religieuses de Troyes construisent à leur tour un moulin à vent afin de couvrir les investissements. Quinze moulins sont attestés à la fin xiie siècle tel celui de Moline ou Pielle; les molendini ad telas et follones. La ville se couvre également de monastères, d’églises et d’industries au service des religieux.

En 1264, le pape Urbain IV instaure la Fête de l’Église universelle qui deviendra la Fête-Dieu. Cette fête, dédiée au Saint Sacrement est célébrée les jeudis suivant la Sainte-Trinité. Dès 1273, la commune engage des travaux afin de faire acheminer de l’eau d’une source pour alimenter la ville. La Champagne est rattachée au royaume de France par le mariage en 1285 de Jeanne Ire de Navarre avec le futur Philippe le Bel. En 1288, un autodafé a lieu après que les juifs troyens ont été accusés de crime rituel. Le 24 avril, le tribunal de l’inquisition condamne 13 d’entre eux à monter au bûcher.

Foire de Champagne, gravure du XIXe siècle

Une gravure du xixe siècle des foires de Champagne.

Le xiiie siècle marque le début de la renommée des foires de Champagne, pour lesquelles des marchands viennent de tout l’Occident. Ces foires permettent le développement de nombreux métiers industriels comme le textile, la tannerie, la papeterie et la teinturerie. À Troyes, la célébration se tient durant la Saint-Jean et la Saint-Rémi dans les rues historiques du Bouchon de champagne telles que la rue Champeaux, la rue de la Pierre, ou la rue des Anciennes-Tanneries.

Productrice de draps en lin et en chanvre, Troyes compte plusieurs moulins permettant de broyer les chiffons, molendini at telas ; les fabricants profitent ainsi de la présence de ces marchands de draps pour récuperer de la matière première et de ce circuit de commercialisation. Par la suite, les moulins de la Pielle (en 1348) et du Roy sont transformés en moulins à papier. Troyes devient ainsi, à partir du xive siècle, une « capitale » des fournisseurs de papier en Europe. Vers 1470, leurs acquéreurs viennent d’Angleterre — la présence de papier troyen à Canterbury est attestée — de la Hollande, ou encore d’Allemagne. Pendant la guerre de Cent Ans, la ville de Troyes se prépare à accueillir les Anglo-Navarrais. En 1359, les Troyens, menés par leur évêque Henri de Poitiers libèrent les villes d’Aix-en-Othe, Beaufort et Nogent-sur-Seine.

Troyes au Moyen Âge tardif

Mariage d’Henri V et de Catherine de Valois.

À la fin du xiiie siècle, Troyes n’est plus la capitale du comté de Champagne. Celui-ci est en effet passé aux rois de France et Châlons-sur-Marne a été préférée comme capitale administrative de la Champagne. En 1420, la signature du Traité de Troyes désigne le roi anglais Henri V comme héritier de la couronne de France après que ce dernier épouse Catherine de Valois, l’une des filles de Charles VI. Peu après toutefois, le Dauphin monta sur le trône sous le nom de Charles VII. C’est Jeanne d’Arc qui vint à son secours ; elle le mena d’Orléans à Reims pour qu’il soit sacré. Le , Jeanne d’Arc délivre la ville des Anglais.

En mai 1471, Louis XI confirme l’administration municipale par ses lettres patentes.

Quelques jours avant la Fête-Dieu 1487, un incendie se déclare dans la boutique d’un apothicaire. Il dure plusieurs jours et détruit une grande partie de la ville. Le fait qu’il démarre la nuit lui assure une certaine rapidité d’expansion, la nuit augmentant les peurs et entravant la lutte contre l’incendie. La ville de Troyes possédait néanmoins, pour lutter contre le feu, des seringues géantes qui permettaient d’arroser les foyers plus efficacement qu’avec des seaux. La même année, les foires de Bourges sont déplacées à Troyes : en effet, une grande partie de la ville de Bourges, dont les marchés couverts, a été détruite par un gigantesque incendie et elle ne peut accueillir sa foire.

Les temps modernes

Charles IX en 1565 d’après François Clouet.

En 1634, dessin de Christophe Tassin.

Henry IV accueilli par Françoise le Bé, fille du maire devant l’Hostel de ville.

Le , un nouvel incendie éclate au cœur de la ville médiévale. Le principal quartier de la ville, une vingtaine de rues, des milliers de maisons et plusieurs monuments historiques et religieux sont détruits. L’incendie est favorisé par la présence de nombreuses camerae, chambrettes aménagées en appentis dans les cours pour loger les pauvres parmi les pauvres, qui fournissent un matériau inflammable, réduisent les pare-feux que constituent les cours et gênent les secours contre les sinistres. Cette catastrophe provoque un apauvrissement général de la population mais conduit la municipalité à exiger des cheminées construites en matériaux ininflammables (on pouvait trouver des hottes en bois recouvert de plâtre) et des conduits de cheminée dépassant suffisamment du toit.

Le , Charles IX passe dans la ville lors de son tour de France royal, accompagné de la Cour et des Grands du royaume : son frère le duc d’Anjou, Henri de Navarre, les cardinaux de Bourbon et de Lorraine. Lors de son voyage, le roi soumet dans un édit royal du 29 mars les ports de Saint-Nazaire et du Croisic au siège royal de Guérande et signe le 11 avril un traité de paix avec la reine Élisabeth Ire d’Angleterre en la cathédrale Saint-Pierre-et-Saint-Paul. Ce traité permet à Calais de redevenir définitivement française.

À la suite de la Saint-Barthélemy (du 27 août au ), plusieurs dizaines de protestants sont massacrés à Troyes.

Vers le milieu des années 1580, alors que commencent à se dérouler les événements de la 8e guerre de religion, Troyes, l’une des rares villes n’ayant pas encore été soumise au contrôle d’Henri de Guise, se présente comme un noyau de résistance royaliste au sein de la province Champenoise. Au sein de la cité troyenne, cette opposition au pouvoir de la « Sainte-Union » se révèle notamment menée par Dinteville et Saint-Phalle.

Après la Journée des barricades, (jeudi 12 mai 1588), qui voit l’occupation de la ville de Paris (13 mai), les Guise veulent prendre la ville. Henri III, dans une lettre, adressée au conseil locale et datée du 2 juin, enjoint aux Troyens de ne pas recevoir le cardinal de Guise. Grâce à deux ligueurs, Yves le Tarlier et Jean de Hault, alors archidiacre de la collégiale Saint-Étienne, l’ecclésiastique fait cependant son entrée le 10 juin par la porte de Croncels et se rend à l’évêché. Le cardinal, prenant de court une partie des autorités locales, demeurées favorables au courant royaliste, fait alors de la ville troyenne, au cours de son séjour (de juin jusqu’à septembre), « un second Paris ». Le maire Jean Daubeterre le reçoit. Le lieutenant général du bailliage, Eustache de Mesgrigny, est chassé, avec d’autres, dont des chanoines resté fidèles au roi. Ils trouvent refuge à Châlons-en-Champagne, restée fidèle au roi, ville où se trouve Joachim de Dinteville. Le cardinal de Guise fait démissionner les conseillers de Troyes. Le 11 juin 1588, le favori et trésorier du cardinal de Guise, Nicolas de Hault est choisi comme maire par l’assemblée générale (il le reste jusqu’en 1592). Le 18 juin, de nouveaux conseillers sont élus par une assemblée générale. Le 23 juin, la ville envoie deux délégués, Souin et Goujon de Boulzy, dans la capitale pour jurer fidélité à la Ligue. En date du 19 juillet, à l’assemblée parlementaire de Rouen, un pacte de paix, induit par la journée des barricades, est signé entre les deux partis opposés. Le 19 août, la ville s’engage à respecter l’Union qui vient d’être scellée entre le parti des Guises et Henri III. Au cours du mois de septembre, plusieurs députés troyens sont envoyés à Blois aux États généraux, dont, entre autres, Yves Tartier, Philippe le Vert, avocat du bailliage de Troyes, et Jacques Angenoust.

Les foires de Troyes sont interdites durant le xviie siècle. En 1694, elles sont de nouveau autorisées. La ville a sa compagnie d’arquebuse royale et militaire dont le colonel est le gouverneur, le lt-colonel est le lt-général des provinces de Champagne et de Brie et le capitaine est le maire royal. Sa milice bourgeoise est divisée en quatre bataillons à quatre compagnies, Belfroy, Croncels, Comporté et st-Jacques.

La dominoterie était une industrie florissante à Troyes qui fabricait surtout des cartes à jouer et occupait pus de quarante moulins aux environs de la ville. Elle déclinait suiteà une taxe de Colbert.

Bien qu’il ait précédemment existé, au cours du xvie siècle, une corporation — la « Communauté des maistres bonnetiers de la ville, fauxbourg et banlieue de Troyes » —, confectionnant, à cette époque, des bonnets au moyen d’une étoffe de laine, les premiers métiers de la bonneterie en coton et en soie font leur apparition à Troyes en 1745 grâce à l’arrivée du métier à tricoter les bas (inventé par William Lee en 1589) et la création des premières manufactures. Quoique la localité d’Arcis-sur-Aube, dès le début du xviiie siècle, ait été, auparavant, le cœur champenois d’une importante activité artisanale pour ce type de fabrication textile, en 1770, Troyes compte quarante bonnetiers et près de 1 500 essentiellement concentrées au sein de son agglomération à partir de la fin des années 1780. La ville devient alors la capitale de la bonneterie qui, malgré un fléchissement à partir des années 1930, reste une activité économique majeure jusqu’aux années 1960.

Le Parlement de Paris est transféré dans la ville en 1787. En 1789, alors que la ville se trouve au cœur de la Révolution française, le maire Claude Huez est assassiné après avoir été accusé à tort d’avoir voulu empoisonner le peuple.

Époque contemporaine

Troyes en 1852

Une vue générale de la ville de Troyes vers environs de 1852.

La première gare de Troyes, construite en 1847.

Le faubourg Croncels, avant la Première Guerre mondiale.

Une rame du tramway de Troyes, place du Maréchal-Foch, dans les années 1920.

Napoléon Bonaparte a fait plusieurs passages dans la ville en 1804 et 1814 lors de sa campagne de France.

Au sein de la commune champenoise, à l’instar de l’ensemble du territoire aubois, l’essor de l’industrie de la bonneterie débute, dans les années 1820 avec la fondation des premiers établissements spécialisés dans ce secteur économique. À cette époque, ces structures destinées à la confection de textiles à maille sont, la plupart du temps, dirigés par des « marchands-fabricants ». Les bases de ce domaine industriel se finalisent, au cours des années 1860, avec la naissance des premières usines pourvues d’équipements mécanisés. En 1834, la ville occupe à elle seule environ 10 000 métiers de la bonneterie de coton et 12 000 ouvriers, pour un produit annuel de près de 7 000 000 francs.

La ville est reliée à la capitale par le chemin de fer en 1845, favorisant son développement. En 1849 a lieu à Troyes le premier festival chantant d’orphéons, organisé par Charles Delaporte. Il rassemble 200 orphéonistes.

Développé à partir des années 1840, Troyes, vers 1855-1860, devient un centre important de construction de métiers circulaires. La réussite de l’industrie de la maille, au xixe siècle, est due, majoritairement, aux inventions des mécaniciens champenois. La concurrence anglaise est bien présente ; les Anglais ayant utilisé plus hardiment la vapeur, le fabricant bonnetier doit donc créer des services commerciaux et d’exportation.

Napoléon III prononce un discours à Troyes en 1868. Il déclarera que « Rien ne menace la paix de l’Europe ».

Du 21 au , la ville de Troyes est victime de graves inondations à la suite du débordement de la Seine, provoquant d’importants dégâts.

Lors de la Première Guerre mondiale, la ville de Troyes prend le rôle de ville-hôpital. Elle échappe aux conflits entre la Triple-Entente et la Triple-Alliance.

Le succès de la bonneterie, secteur industriel troyen de la « Belle Époque », se confirme lors de l’entre-deux-guerres, et de nombreuses grandes entreprises sont créées dans la ville notamment Petit Bateau, Lacoste, et Dim. D’autres sont créées plus tard, notamment Absorba.

Lors de la Seconde Guerre mondiale, le , l’armée allemande, après avoir pris Sens, Paris et une vaste partie du département de l’Aube entre dans Troyes. Face aux bombardements des nazis, les Troyens, paniqués, décident de fuir la ville. Après la capture, il ne restera qu’environ 4 000 Troyens dans la cité.

Le , l’armée allemande a commis à Buchères dans le sud de l’agglomération de Troyes un massacre communément appelé « martyre de Buchères » : 68 civils furent exécutés sans raison apparente, de nombreuses maisons furent incendiées. Le lendemain, huit cents hommes s’emparent de la commune et son agglomération. Le début des combats pour la libération a fait environ 60 morts et 572 prisonniers. Le jour d’après, la ville de Troyes est définitivement délivrée par les troupes du Général Patton.

Bien que ce domaine industriel ait fait l’objet d’une diversification au niveau local entre 1950 et 1970, à partir de la seconde moitié des années 1960, la ville est Troyes est victime de la crise du textile. En effet, les entreprises sont en concurrence avec d’autres pays, notamment en Asie du Sud-Est et en Extrême-Orient et on assiste à une désaffection des consommatrices pour le bas couture. Malgré tout, la commune et son agglomération comptent aujourd’hui près de 250 entreprises liées à la fabrication textile et des grands centres de magasin d’usines, ce qui en fait le premier centre de maille en France.

Le  débute l’affaire Patrick Henry à la suite du meurtre du jeune Philippe Bertrand, âgé de huit ans, à la sortie de son école. Le procès de Patrick Henry, considéré comme l’un des plus célèbres de l’histoire judiciaire récente en France, est devenu celui de la peine de mort en France. En effet, le meurtrier avait été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité alors que l’entourage de la famille, des éditorialistes et des hommes politiques réclament la peine de mort pour ce crime.